Colloque Fayol 2016


1-3 juin 2016

Histoire, économie et sciences

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Pour une revitalisation des recherches sur Fayol

Il serait sans grand intérêt de relire à nouveau son ouvrage dans l’optique de la querelle, vraie mais sûrement postérieure au contexte qui a inspiré Fayol avant et pendant la Grande Guerre, entre le taylorisme et le fayolisme. Certes, l’Administration industrielle est aussi et surtout un des premiers essais en gestion, discipline qui ne fut officiellement fondée que par la suite. D’ailleurs, c’est à juste titre que Fayol partage avec Frederick Taylor la paternité de cette nouvelle discipline et il peut s’avérer intéressant d’aller à ses racines pour voir qui, de l’un ou de l’autre, avait « inventé » ces nouveaux concepts et qui, des deux, a connu la plus grande fortune, en France comme à l’étranger. Mais ce n’est pas vers cette direction que nous souhaiterions orienter le présent colloque.
Depuis plus d’une décennie, Jean-Louis Peaucelle a animé et publié des recherches d’envergure reconstituant les démarches personnelles et professionnelles qui ont amené Fayol à écrire son chef-œuvre. Il a notamment attiré à nouveau l’attention du monde francophone sur son importance alors que celui-ci, à la différence des Anglo-saxons, était en train d’oublier les apports de ce grand patron français. Récemment, Armand Hatchuel et Blanche Segrestin ont lancé un vaste champ de recherches visant à la constitution de ce que l’on peut appeler une approche « néo-fayolienne » de l’entreprise. Tout en tirant profit de ces recherches, ce colloque entend explorer des domaines qui restent encore largement sous-étudiés, tels que le contexte de l’acceptation et de l’usage économique, politique et social de l’ouvrage de Fayol, ou encore, ses interconnections multidisciplinaires. En outre, la recherche doit tenir compte du fait que, dès ses premiers pas dans l’industrie, Fayol a su encourager sa reconnaissance par ses pairs et qu’il a, de son vivant, assurer une postérité certes matinée d’éclipses, mais qui a indéniablement influencé les études ultérieures à son propos.
Il semble donc pertinent d’axer la relecture de l’ouvrage de Fayol vers trois perspectives : celle du passé (d’où Fayol a trouvé l’inspiration et les sources pour l’écrire) ; celle du présent (à quel public et à quelles attentes cet ouvrage répondait-il ?), et celle du futur (quelle postériorité pour la doctrine de Fayol ?). Ces axes de recherche doivent être replacés dans leur complexité multidisciplinaire qui, à notre avis, constitue la richesse et l’originalité de l’approche fayolienne. Science, technique et gestion se mélangent, chez Fayol, reliés par la dimension sociale de sa démarche qui visait à une diffusion dans la société de sa pratique et à l’adoption, par l’État, des critères de rationalité propres à sa méthode. La relève est aussi prête. Non seulement la création du Centre d’Études Administratives ou ses études sur les modes de gestion des services postaux et du monopole des tabacs ont essayé d’ouvrir une brèche dans la société et dans l’administration de la chose publique, mais le propos de Fayol est encore plus ample… D’ailleurs, une année après la parution de L’Administration, Fayol dirige un numéro spécial du Bulletin de l’Industrie Minérale intitulé « l’Éveil de l’esprit public ».

 

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